La gazette Automne 2018
La Gazette de L'Hiver 2018
La Gazette du printemps 2018

La révolution des semelles

L'évocation historique de Jean-François Dubouil s'achevait dans la dernière Gazette par l'avènement annoncé de Maurice Prado, dont le règne devait marquer une évolution majeure du club : l'effacement progressif de l'activité ski et la montée en puissance de la rando.
Et tandis que changeaient les temps, les hommes aussi. Il est évident que si le fondateur, André Fillol, quittait un instant ses neiges éternelles pour jeter un œil, rue Courteline, il aurait du mal à reconnaître dans cette brigade de fantassins l'escadron de chasseurs alpins qu'il a laissé sur place, il y a quelques années.
J.F.D. qui a été élevé dans le culte de la montagne et de la discipline alpine raconte ci dessous , ce qui a constitué l'apogée du premier GSA : le cinquantenaire du club.
Réception dans la salle des Illustres de la mairie d'Agen, en présence des élus du peuple, dans une ambiance très rotaryenne et, le lendemain, pèlerinage à Peyresourde avec autocars, autel de campagne, garbure, chalet et souvenirs! Notre “Frison Roche” en est encore tout “frison…ant”.
Mais par delà les célébrations, l'amitié qui liait entre eux les plus actifs les incita à imaginer d'autres sorties que les pistes de ski.Et comme disait Victor Hugo : “Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte.” C'est en 1986, que Maurice Prado eut l'idée d'une balade suivie d'un pique-nique à Golfech. En suivant, l'été, descente du Rio Vero avec enfants et …chien! En 1989, Bonaparte Prado conduisait ses troupes dans une audacieuse marche de Port-de-Penne à Tournon par les crêtes. Sans parler, un peu plus tard, du raid Barbaste-Ste Maure.
Cette tendance à la marche s'affirma encore un peu plus, lorsque Claude Labessan devint président.
Le club de rando de Villeneuve qu'il a créé est issu directement de ses premiers essais au GSA. Maurice qui devait un peu plus tard incarner ce que les historiens ont appelé la “révolution des semelles” reconnaît volontiers sa dette envers Claude. Tout en se disant
in petto : “Il m'est arrivé de dépasser le maître.”
Tous ces signes avant-coureurs de changement, d'évolution inéluctable mais maîtrisée devaient converger le 10 septembre 1998. Grande date, s'il en fût!
Ce jour là, Maurice, revêtu de ses accessoires de président, sceptre et couronne, se présenta devant les autorités départementales de la randonnée pédestre (fière assemblée d'infanterie expérimentée) et se livra au cérémonial de l'affiliation.
Jean-Claude Antoine, grand prêtre actuel de la randonnée, se fera un plaisir de vous en révéler les rites et le sens profond.
Au retour dans ses foyers, Maurice Prado se tourna vers sa femme et prononça les mots célèbres : “Alea jacta est!” Ce qui voulait dire en gascon ordinaire : “Chérie, j'ai sauté le pas.” Anne Marie fit preuve comme d'habitude de beaucoup de compréhension : “un pas, d'accord mais je crois qu'il y en aura d'autres, hélas.”
Quant à Maryse, elle s'écria quand on lui raconta cet évènement exceptionnel : “Il aurait mieux fait de citer Salomon plutôt que Jules César. C'est quand même mieux pour la rando !”
Bertrand FOSSAT

Le cinquantenaire du GSA

La création du G S A remonte au 18 octobre 1932.
RETOUR EN ARRIERE :
La saison de ski 1981 vient à peine de s'achever que le Président LE BAYON réunit déjà son Comité de Direction pour suggérer la meilleure façon de fêter le mi-centenaire du G S A qui aura lieu l'année prochaine .
Après tout, 50 années d'activité d'un club d'un club de ski et à fortiori agenais -n'est pas chose courante , aussi fallait-il " marquer le coup " auprès des populations..
L'idée retenue consistait à réunir des Grands Anciens , témoins de la genèse du club,tout en conviant les médias autour d'un anniversaire presque historique(du moins à l'échelon local )
Projet retenu à l'unanimité..
Nous sommes donc le SAMEDI 23 OCTOBRE 1982.
Le Maire d'Agen, Monsieur RICCI, accompagné de son Conseil Municipal, nous a ouvert en grand la salle des Illustres de sa mairie.
Après les discours de circonstance , puis ceux de notre Président et les paroles émues de notre fondateur ANDRE FILLOL (75 ans ) un vin d'honneur traditionnel est servi à l'assistance.
Dans la foulée, le Président LE BAYON conduit édiles et personnalités vers notre local de la rue des Rondes Saint Louis dont nous étions déjà assez fiers à juste titre et notre fidèle Maurice PRADO était chargé d'introduire dans les lieux les VIP qui suivaient le cortège. .( pour la petite histoire, notre fidèle Secrétaire fut ,ce jour là, assimilé par certain magnat local à un industriel afférant dans le prêt à porter )
Après la visite, tout le monde fut convié à la soirée de gala qui se déroula, pour la première fois,.dans la rotonde du Stadium municipal.
La presse souligna le grand nombre des participants et invités, à cette belle soirée animée par un orchestre de qualité le tout précédé par la remise de la médaille d'or du GSA à Mademoiselle LAFONTAN, secrétaire du club durant 20 ans.
Et le lendemain :
Nous sommes le dimanche 24 Octobre 1982
Il n'est pas loin de 8 heures.

La place de la Préfecture voit converger vers elle des petits groupe d'Agenais frileusement vêtus.
L'attroupement inhabituel ne manque pas d'attirer la légitime curiosité d'un vieux cycliste matinal :

  • Qu'es aco , demande-t-il,une manifestation ?
  • Mais non , Monsieur, nous sommes seulement des membres du GROUPE SKIEUR AGENAIS qui se déplacent pour célébrer un anniversaire..

- Boudii , le G S A , s'étonne t-il, j'ai connu des " eskieurs " il y a longtemps.
Ils y allaient avant la guerre. Et ça éziste encore ?
Mais bien sûr Monsieur et d'ailleurs si vous nous voyez là c'est que nous allons en montagne fêter ses cinquante ans. Nous attendons notre Président, notre Fondateur et nos cars, d'ailleurs les voilà. "
Quelques instants plus tard, la presse immortalise l'embarquement.
24 octobre 10 h 30.
Les deux cars attaquent les premières pentes du col de Peyresourde. Pour les Anciens les paysages familiers ne manquent pas d'évoquer des foules de souvenirs interrompus bientôt par un " Qué Canto Sé Canto " repris en choeur avec l'accompagnement
d'un harmonica.
Le GSA du temps passé revit. C'est assez émouvant.

Bientôt ceux qui n'ont pas oublié les paroles entonnent l'hymne du Club tandis que les cars arrivent au parking de la station recouvert des premières neiges de la saison.
En quelques minutes, pieds dans la neige, les marcheurs se regroupent pour monter au refuge de BALESTAS, haut lieu des premières aventures.
Ceux qui le souhaitent assistent à la Messe et se recueillent auprès de l autel portatif de l'Abbé TRAYNOTTI, lui même ancien Agenais et fervent montagnard.
Peu après, par petits groupes, chacun regagne les cars sans perdre de temps car il est midi passé et le repas au chalet de SAINT LARY nous attend.
( une autre petite histoire : c'est ici que nous avons découvert notre ami Bertrand FOSSAT encore inconnu au club. Il arrivait directement de Tarbes où le retenaient ses occupations journalistiques. Merci Luce !)
24 octobre 13 h00
Il est quand même bien temps de prendre l'apéro au soleil dans le jardin du châlet
d'autant que Mamy BOUARAT , cuisinière émérite du châlet commence à s'inquiéter à propos de la cuisson de son navarin de mouton.

17 h00. Ce sont des groupes parfaitement joyeux et repus qui rembarquent dans les bus. Dans l'un d'eux, le Présisdent LE BAYON qui était aussi celui de l'Automobile Club n'a aucune peine à suggérer au chauffeur de lui céder le volant pendant quelques kilomètres
Quelques paupières se font lourdes. Le crépuscule descend doucement sur une superbe journée riche de souvenirs et d'amitiés retrouvées. C'est aussi une autre vertu du G S A .

Et maintenant en route vers de nouveaux anniversaires.
Les plus motivés parlent déjà du soixantenaire .... -en 1992 !
Jean-François DUBOUIL

LES ANNEES DE TRANSITION

Notre dernière gazette avait formulé, un peu rapidement peut-être, quelques unes des mutations intervenues dans notre club par la force des choses à commencer par l'abandon de notre chalet de Saint-Lary. Il est juste de dire, à ce propos, que cet abandon n'était dû ni à la négligence de dirigeants ni à la désaffection des troupes mais beaucoup plus prosaïquement, aux nouvelles conditions légales de maintenance d'un local ouvert au public. Le GSA n'avait pas les moyens de cette mise aux normes nouvelles. Le club avait aménagé une grange au loyer modéré et la loi lui faisait obligation d'ouvrir un centre de vacances, assimilé à un " hôtel-restaurant " ! La seule solution était… la fuite !
Mais cette retraite stratégique des positions acquises en montagne permit, en revanche, une installation en propriétaire, rue Courteline. Mais avant d'en arriver là, il faut revenir en arrière pour raconter les changements dans la société qui ont obligé le club à évoluer et à s'adapter quasi en permanence.
Songez que dans les années 1955/1960, le club comptait un peu plus de 800 membres. Skier en groupe convenait parfaitement à ces adhérents, même éloignés des montagnes. C'était une nouvelle mode qui permettait d'ailleurs d'échapper, le temps de quelques week-ends, au train-train ageno-agenais et à l'univers scolaire.
Ce goût pour la montagne et le ski explique la fortune du GSA renforcée par une disposition qui a disparu : l'assurance individuelle, indispensable pour la pratique du ski, était exclusivement fournie par le club.
Des causes et des effets
Mais parmi les causes d'un recul progressif des effectifs, dégageons-en trois principales :

  • En 1962, naissance du Ski Laïque Agenais, issu de la FOL (Fédération des Œuvres Laïques). Cette création entraîna le départ de plusieurs moniteurs du GSA, tous enseignants, tous laïques, rattrapés par l'idéal républicain, synonyme de refus des religions et soucieux de rester dans le giron majoritaire de l'Éducation Nationale. Idéalement placés, dans le milieu scolaire, ils n'eurent aucune difficulté à drainer vers eux une grande partie de l'école de ski qui faisait l'originalité et l'attrait du GSA.
  • Par la suite, nous avons subi le lâchage de la FFS, sur le problème crucial des assurances. Ah ! les temps ont bien changé. Maintenant, les compagnies d'assurance, les stations de sports d'hiver, les agences de voyage, les banques, les mutuelles se sont positionnés sur ce marché ne laissant que des miettes aux clubs, bien désarmés face à ces …armées !

Conséquence : les effectifs des clubs fondirent comme neige au soleil, si l'on peut se permettre cette métaphore ! Face à cette crise, le comité du club, réuni en conclave, réfléchit aux moyens de la conjurer avant la désertion des derniers membres actifs.
On imagina (sans grande conviction) le démarchage d'entreprises locales et surtout de leurs comités d'entreprise. On pensa à l'Université, naissante, et, même, à la Caserne. Toutes ces idées restèrent sans réel effet. Une seule réussite : l'UPSA, grâce au concours de Jacqueline Rosier et, plus tard, d'Isabelle Chevé et Philippe Mortier. Sans eux, il n'y aurait plus du tout de car pour le ski, en fin de semaine.
Les contremarques
Autre tentative pour séduire des skieurs potentiels, de plus en plus attirés par la fréquentation directe des stations : les contremarques fournies par le Pyrénées-Club, association pléthorique de Toulouse. Le malheureux président de l'époque, que j'ai bien connu, aidé et encouragé par ses amis de toujours, Maurice Prado et Michel Darrigan, lança le partenariat avec le Pyrénées-Club. Le GSA ouvrait ainsi un véritable guichet de remontées mécaniques pour l'ensemble de la chaîne avec des réductions intéressantes pour les individuels comme pour les groupes et quel que soit le jour de ski. On trouvait ces contremarques non seulement au club mais aussi chez les commerçants, membres du club comme Pierrot Lacroix, Michel Calmon, Pierre Gardenal, Newway, Philippe Lang, Mario Zanette, etc… La formule connût un certain succès mais fut abandonnée car sa gestion était lourde, compliquée et…périlleuse pour les finances. Il eût fallu un directeur financier à plein temps et une officine d'experts comptables aguerris !
Compétition départementale
Enfin, le club imagina la relance de la compétition en créant un championnat départemental. Votre serviteur, toujours président d'un club en proie aux vicissitudes de l'heure, mais aussi nouveau responsable du comité départemental de ski, que venait de quitter le docteur Le Bayon, s'attela à la tâche ingrate de sensibiliser les cinq clubs de ski du département, de négocier directement avec le comité régional et avec les stations de sports d'hiver, susceptibles d'accueillir une compétition et de l'organiser sur le terrain avec un minimum de sérieux et… d'argent. Il fut aidé à ce moment-là, par Bertrand Fossat qui avait ses entrées sur la chaîne et spécialement en vallée d'Aure. Les skieurs du SLA, du ski-club de Marmande, de l'ASPTT , de la Godille Duraquoise et, bien sûr, du GSA s'affrontèrent sur les pistes de Piau, de Cauterets, de Saint Lary, de Peyragudes, de La Mongie, de Val Louron lors des courses organisées par chacun avec une course départementale et un classement final avec remise de prix, coupes, cadeaux et vin d'honneur. Mais, cette courageuse initiative se heurta aux mêmes résistances : pas de déplacement imposé à des dates imposées, dans des stations imposées. En trois ans la " compet. " s'essouffla.
Il fallait se rendre à l'évidence, l'évolution de la société portait en germe la disparition des clubs de ski de la plaine, organisés autour d'un projet sportif relevant d'une fédération nationale. Bref, les clubs de ski n'étaient ni des clubs de judo, ni des clubs de foot, ni des clubs de basket ou de rugby sauf dans la montagne.
Dans les Alpes et ailleurs
D'ailleurs en même temps que l'on assistait au crépuscule de la compétition, on vivait la naissance du ski-loisir, mieux même du ski-tourisme. Encouragés par l'absence de neige dans les Pyrénées dans les années 80, certains skieurs du GSA, las d'être frustrés de leur …loisir préféré, poussèrent l'équipe dirigeante à partir dans les Alpes. Anne-Marie Couturier et Claude Labessan, en habitués des grands voyages inaugurèrent la série à La Plagne. Deux bus, une soixantaine de skieurs. Ce fût un grand succès d'entrée. C'est cette année-là que le couple Fossat et Lily Naturel (et quelque autres qui ont tenu à garder l'anonymat) lancèrent les opérations jumelées : ski, apéro, foie gras. C'est devenu depuis au GSA, un dogme qui a plus fait pour sa réputation de convivialité que bien des efforts de " com ". Depuis cette première mémorable, le GSA peut égrener une sorte de litanie montagnarde, assez glorieuse :
Valmorel, Peyzey-Nancroix, Courchevel, les Gets, Vars, Tignes, Les Ménuires, La Plagne-Bellecôte, Les Deux Alpes, Les Arcs 2000, Châtel, Avoriaz, Serre-Chevallier, Flaine, Val-Frejus, Tignes-Val d'Isère, Valloire-Valmeinier, Cortina d'Empezzo, Val Gardena et, couronnement de cette haute et frémissante période, les Montagnes Rocheuses et Vancouver (Canada)…
Priez pour nous !!
Et Prado vint…*
Toutefois, le clinquant de ces noms, le retentissement de ces voyages au long cours ne pouvait masquer le déclin, de plus en plus marqué, de l'activité historique du GSA : amener sur les pistes des Pyrénées, chaque semaine, des jeunes désireux de s'initier à une discipline sportive, le ski alpin. Entre temps, le GSA avait changé de Président. Claude Labessan, en me succédant, devenait le premier président villeneuvois du club. Un tabou était brisé ! L'avenir s'éclairait de nouveau. Puisque il avait été possible d'introniser un villeneuvois, le club devait pouvoir survivre en s'adaptant.
Cette tâche délicate et …immense devait échoir à celui qui connaît son GSA mieux que sa poche, à celui qui en a été un secrétaire général tellement assidu qu'on le disait perpétuel, qui en a été le père plus encore que son géniteur André Fillol, c'est-à-dire, tout le monde l'a compris, Maurice Prado.
Autrefois, le programme d'histoire dans le secondaire commençait par l'Antiquité, se poursuivait avec le Moyen Age et la Monarchie jusqu'à la Révolution, enfin s'achevait avec l'époque contemporaine, de Mirabeau à nos jours. Avec l'avènement de Maurice Prado, l'histoire du GSA prend une tournure nouvelle avec une constante dans son gouvernement : coller au mieux à son époque. Maurice Prado devait commencer son règne, en 1995, en déclarant : " Dans la nature, tout ce qui n'évolue pas est appelé à disparaître ! "
Et le GSA a évolué. C'est une histoire pour les prochains bulletins.
Jean-François Dubouil

DANS LE RETRO

Raconter l'histoire du GSA en quelques lignes est un travail difficile.
Voici pourtant et en résumant ce que les moins de 77ans ne peuvent pas connaître.

LES PIONNIERS
Nous sommes dans les années 30. La France sort timidement d'une première crise mondiale. Les congés payés n'existent pas. Les automobiles sont rares. Les Pyrénées, pour les Agenais ne sont encore que des souvenirs scolaires évoqués quand passe le Tour de France. Alors le ski...? Pourtant quelques nantis avaient déjà goûté au plaisir des dimanches à la neige. Ils en revenaient conquis et désireux de partager ces moments privilégiés. Mais il fallait, en ces temps là, affronter six heures de route dans des autos sans confort et poussives (60km/h). A plusieurs, c'était plus économique et plus agréable. On appelait alors le co-voiturage : "autos-taxis". De cette formule, les pionniers sont passés au transport en commun, l'autobus.
Un entrefilet dans "Le petit Bleu"
Quelle surprise quand les Agenais découvrirent, dans "Le Petit Bleu", en septembre 1932, cet entrefilet dû à l'initiative d'André Fillol :
"On annonce la formation à Agen d'un groupe "skieur". Son dessein est de faciliter les sorties d'hiver et d'été vers les Pyrénées et de favoriser ainsi la pratique du ski et de la montagne par l'organisation de voyages à prix réduits, la centralisation des renseignements sur l'enneigement, l'achat ou la location de matériel à tarifs raisonnables. Toutes les personnes que cela intéresse sont priés de se rendre à la première réunion qui aura lieu le mardi 18 octobre, à 20h30, au café Glacier, 1er étage."
Ce soir-là ils sont 16. Après discussion, l'appellation GROUPE SKIEUR AGENAIS est retenue à l'unanimité.
Première sortie, le 11 novembre aux "Granges d'Astau". A la fin de sa première saison , le GSA regroupe 50 membres. Fin 1933, ils sont 75 puis 80 avec les sections de Nérac, Casteljaloux, puis 45 de plus avec des adhérents d'Auch et de Fleurance. A Agen l'engouement est tel que l'on organise des cours de ski (chausser, marcher, faire une conversion) sur la sciure du manège d'artillerie de la caserne.
Peu avant la guerre, le nombre d'adhérents avoisine les deux cents. La saison 1936 connaît un succès remarquable avec l'arrivée des premiers congés payés et l'organisation des premières compétitions. Les destinations les plus fréquentes, à ce moment là, étaient le cirque de La Mongie, Luchon, où l'on accédait à Superbagnères grâce à une sympathique crémaillère, Barèges et son funiculaire"new-look" l'Ayré , mais aussi Gourette avec son premier remonte-pente à traîneau ! Cette année là : 18 sorties avec 21 autocars et 479 personnes.


Les compétitions
En fait de compétitions, on ne parlait pas encore de "slaloms" mais de "courses avec passages obligatoires" ce qui tempérait la fougue des champions qui n'aimaient que les "schuss" directs dans la ligne de pente. Les départ s'échelonnaient de 2 minutes en 2 minutes et le règlement prévoyait que tout concurrent rattrapé devait céder la piste au premier appel ! Ainsi la descente Peyresourde- Pic du Sirias (700m de dénivelé, à monter skis sur l'épaule) est accomplie en 3 minutes 41 secondes pour le premier tandis que le le second"réussit" 5 minutes et 2 secondes. On est loin des centièmes de secondes actuels ! Mais tout le monde est content et les rassemblements d'après-ski se font dans une bonne humeur aussi montagnarde que légendaire.
Les clubs de plaine
Mais André Fillol n'est pas satisfait, lui. Il estime que les skieurs de plaine ne peuvent rivaliser avec les montagnards (ceux de Cauterets, Barèges, Lourdes, etc...qui sont sur leur terrain.) En 1938, André Fillol, reconnu sur toute la chaîne pyrénéenne , accède à la vice-présidence du comité des Pyrénées Ouest. Il dépose un amendement au règlement , aboutissant à la création du groupement des clubs de plaine. Une initiative unique en France.
Le 13 mars 1938 se déroule à La Mongie la toute première des coupes Nivéa. Le premier des clubs de plaine se classe cinquième sur soixante et c'est un agenais, forcément du GSA.
Dés lors le pli est donné et la fameuse compétition régionale survivra à la guerre et se déroulera jusque dans les années soixante-dix.

La guerre surgit. Les sorties à la neige se font rares et hérissées de difficultés diverses: bus à gazogène, guardia civile tracassière, etc...
Mais en 1946, le GSA renaissait de ses cendres avec...200 membres. Comme avant !
Jean-François DUBOUIL

Il y a soixante ans : L'Ecole de ski du GSA

Les temps héroïques
La dernière “Gazette de Courteline” nous avait ramenés à l'époque des pionniers, de 1932 à la guerre. Cette période réunissait déjà plus de 200 membres actifs. Ainsi, au cours de la saison 1935-1936, pas moins de 18 sorties avaient mobilisé 21 cars pour transporter à la neige 479 skieurs.
Bien sûr, la guerre paralysa toute activité, si ce n'est celle d'une poignée de montagnards aventureux n'hésitant pas à défier les redoutables gardes-frontière.
Nous nous retrouvons donc en 1946 sous la présidence du docteur Bried. L'effectif du club s'est pratiquement maintenu, près de 200 membres, avec l'arrivée de quelques petits nouveaux, qui laisseront un souvenir impérissable. Parmi eux : Michel Calmon (toujours fidèle au poste !!!), Henri Aubaret, qui n'était pas encore “Napo”, François Paucis, Kurt Porgès, Me Lauzin, futur président, Marc Leroy, le maître des “3 Domaines”, un magnifique champion qui aura tenu la dragée haute aux meilleurs skieurs pyrénéens de l'époque.
Les (déjà) traditionnelles journées du club et la coupe “Nivéa” connaissent à nouveau de beaux succès. Les sorties du dimanche conduisent les cars vers de nouvelles stations : La Mongie, Barèges, Luchon-Superbagnères, Gourette, Le Pourtalet, etc…
Quant à l'équipe de skieurs-montagnards, elle fait sa trace de crêtes en cimes, aux quatre “coins” de la chaîne. Pour les amateurs de “peaux de phoques”, toujours en exercice, notons une rando de deux jours…parmi d'autres : de Gavarnie à Gavarnie via Tuquerouye, le Mont-Perdu et retour par la Brèche ! Ceux qui connaissent apprécieront.
Arrive la saison 1949-1950 avec une innovation, due encore une fois à André Fillol, qui pourtant accuse à ce moment-là 42 ans, innovation qui va marquer le club pour de nombreuses années : une école de ski.
La première et la seule:
L'école de ski du Gsa sera la première, et d'ailleurs la seule en France, créée par un club de plaine, c'est-à-dire le club d'une ville située à plus de 100 km d'une station de ski.
Qui pouvait croire à une idée aussi saugrenue que celle qui consistait à fonder une école de ski dans la plaine de la Garonne ? Et pourquoi ? Et comment ? Et pour qui ?
• D'abord pour les enfants d'âge scolaire qui sont la pépinière des nouveaux skieurs.
• Et ensuite pour faire découvrir et aimer la montagne au plus grand nombre de citadins.
La Gazette de l'époque retrace ainsi cette création révolutionnaire : “C'est charmant, bourré d'intentions louables, débordant d'altruisme et présentant si peu d'inconvénients :

  • Il faut décider d'excellents skieurs à sacrifier 4 sorties du dimanche pour se mettre à la disposition des gosses.
  • Il faut une subvention du Club pour seulement démarrer
  • Il faut convaincre les parents.
  • Il faut éviter que les études s'en ressentent.
  • Il faut préparer du matériel à la taille des élèves.
  • Il faut trouver du personnel d'encadrement.
  • Il faut tout prévoir sans savoir où l'on va, sans connaître les effectifs de jeunes, sans trop savoir comment ça fonctionnera.

Comme à l'accoutumée, André Fillol, l'inventeur, balaie les craintes et préventions, tous les scepticismes naissants. Le matériel est acquis et entreposé chez Vigouroux, rue des Rondes Saint Louis. Ce local deviendra plus tard notre premier club-house. Et le 14 décembre, à 5 heures du matin, c'est le grand branle-bas, boulevard Sylvain Dumon, devant le garage des cars Brouens. Cinquante gosses et leurs accompagnateurs sont là.
Gilbert Camelot raconte : “ Il fallut affréter un second car pour emporter les enfants surexcités, impatients de connaître la neige dont ils ont rêvé depuis tant de nuits et qu'ils vont découvrir dans la splendeur glacée du plateau de Lannemezan.”
La “chaudière”
Les 4 sorties de l'école se faisaient à Peyresourde. Mais, à Peyresourde, il n'y avait rien sauf une maison isolée en contre-bas de la route. Elle doit être encore là, quelques kilomètres avant le col. La piste n'était qu'un vaste talus au pied duquel, après la gym obligatoire, chaque groupe attaquait la montée en “canard” ou en “escalier” pour répéter les dérapages, les chasse-neige ou les stems pour les plus aguerris. Sans oublier les sacro-saintes conversions!
Le soir venu, les plus habiles tentaient la descente à travers prés et clôtures jusqu'à Germ où les cars les récupéraient. Le “quatre-heures” regroupait tout le monde sur la place d'Arreau.
Détail historique : les élèves de Saint Caprais étaient moralement tenus d'assister à la messe (Dimanche oblige) au cours de laquelle le brave curé qui officiait reprenait chaque fois le même prône, ravi de voir les jeunes de la plaine s'élever ainsi vers les sommets… forcément divins.
Assez loin de ces pieuses élévations, les voyages en cars permettaient des parties de rigolades, assez rares dans la vie de tous les jours. Les cars Brouens, dits “Rubans Bleus”, étaient de conception moderne pour leur temps. Leurs lignes aérodynamiques étaient remarquables, bien que leurs toits soient coiffés d'une sorte d'impériale à laquelle on accédait par une échelle pour y déposer les skis et les bâtons. Le moteur était placé à l'arrière. Détail d'importance car, dans ces cars sans chauffage, la température était plus douce près du moteur, soit à l'arrière. Les frigorifiées de devant protestaient. Elles étaient alors portées à bout de bras, par dessus les sièges, jusqu'à la célèbre “chaudière”. Ce transfert n'allait pas sans rires et chahuts divers. Ils ne cessaient que lorsque les moniteurs entonnaient de suaves chants montagnards auxquels les jeunes répondaient par les succès de la chanson des années cinquante. Cette ambiance typique du GSA s'est maintenue jusqu'à nos jours.
Jean-François DUBOUIL

Cette photo est un document mais pas un chef d'oeuvre...
Qui est dessus ! Et quand ? Et où ?

Le chalet de St Lary

La dernière gazette nous avait remémoré une nouvelle idée géniale d'André Fillol et de son équipe : l'école de ski du G.S.A.
Il faut rappeler qu'elle était encore unique en France pour une association sportive et qui plus est skieuse aussi éloignée de sa montagne.
Bien sûr, au fil du temps, l'idée de disposer d'un logement près des pistes ne manqua pas de germer rapidement dans l'esprit des pionniers. Voici comment :
Dans les années 60 la mairie de SAINT LARY, nouvellement boostée par son implication dans les grands travaux EDF du barrage de Cap de Long et par son Maire Vincent Mir imagina la création d'une nouvelle station de ski sur leur commune.
Le montagnard André Fillol et le notaire François Paucis, lui même originaire de la vallée d'Aure, finement informés des projets, entreprirent de prospecter en vue de l'installation d'un pied à terre – fût-il sommaire -au coeur même du village.
Leur bonheur se rencontra sous forme d'une grange à moutons avec le fenil à l'étage. (construction typique en montagnes).
Dès lors cette nouvelle innovation va marquer un tournant important dans notre Club.
Finies les sorties du Dimanche en car - aussi éprouvantes par ses horaires que par la longueur des trajets (on travaillait encore le samedi...) Finis les stages en haute montagne où, surchargés de vivres et de matériels, les stagiaires étaient abandonnés à Cauterets (refuge Wallon) ou à Fabian (refuge de l'Oule) .
Bien sur, les premières années du chalet furent épiques ainsi que le sont souvent les installations nouvelles et les moyens parcimonieux pour les rendre habitables. La moitié de la grange était occupée par les moutons du propriétaire mais nous occupions l'autre partie selon un loyer finement négocié par Maître Paucis.
Malgré sa rusticité, tout contribuait au bonheur et aussi (un peu) au confort de ses occupants ainsi que le sont les refuges de montagne :
Une grande salle de séjour aux murs de pierres et au plafond de poutres. Une cheminée (trop) fumante. Des sanitaires propres.
Un sas-atelier avec placard à chaussures, râteliers à skis, établi et outillage pour régler les fixations (qui n'étaient pas encore « de sécurité ». A l'étage, outre deux cabinets de toilettes séparés, deux dortoirs pour filles et pour garçons, tous deux équipés de lits « picots » surplus de l'armée. L'épouse du propriétaire, Mme Bouarat, faisait la cuisine avec l'aide des stagiaires de permanence pour la vaisselle et le ménage. Un tronc recevait l'obole des visiteurs de passage.
Les soirées étaient consacrées aux théories sur la pratique du ski et aux leçons de fartage (pas encore de semelles plastiques ..)
Les plus affranchis se risquaient aux night-clubs « la descente » ou les deux zizi. (N.B. Les deux isards).
Mais le top c'était, bien sûr, la proximité du téléphérique, le plus rapide et le plus moderne d'Europe disait la pub.
D'ailleurs,- et c'est un fait important - l'inauguration de l'engin si fit en Mars 67 et la première benne amenant des clients payants fut remplie par les stagiaires du G.S.A. ; fallait-il y voir un signe ?
Au fil des ans l'idée première du refuge de montagne se transforma en chalet-hôtel. Ainsi les moutons du père Bouarat cédèrent leur place aux attentes du Club qui occupa désormais la totalité de la grange.
De même que, sous l'impulsion de Philippe Portes, le G.S.A. occupa, pour la première fois son Club-House personnel rue des Rondes Saint Louis, de même notre chalet se modernisa en installant des chambres individuelles à l'étage .
Un gérant attitré fut chargé de la tenue et de la rentabilité de l'établissement.
On vit , dès lors, notre chalet occupé par d'autres Clubs , par d'élégantes personnalités ou autres V.I.P. bien étrangères à l'idée première de notre modeste refuge.
Tant et si bien que quelques « mordus » de la première heure se réfugièrent avec bonheur dans leurs caravanes sur un terrain loué par le club juste en face du chalet l'installation de 24 caravanes pour la durée de chaque saison et pendant 7 ans compensa en partie les charges douloureuses imposées annuellement par la commission de sécurité départementale.
D'autre part la gestion du chalet devenant aléatoire, les membres du GSA durent parfois mettre « la main à la poche » pour équilibrer quelques bilans.
Il fallut bientôt envisager la reconduction de notre bail. L'augmentation du loyer, ajoutée aux perpétuelles charges de mises en conformité
et la désaffection progressive des skieurs contraignit le GSA à chercher une solution permettant de rentabiliser le local dans l'attente de la fin du bail.
La solution fut trouvée en la personne d'un nouveau gérant rompu à l'exploitation du chalet grace à un démarchage et une occupation tant estivale qu'hivernale. Le remède arriva à point nommé jusqu''à la fin de notre bail pour assainir nos finances au point de même les améliorer.
Nous quittâmes Saint-Lary et nos souvenirs la mort dans l'âme mais bien décidés à repartir d'un bon pied sur des idées nouvelles.
Et c'est ainsi que, moyennant nos fonds de tiroir, la participation de nos skieurs et de notre banquier, nous avons pu acheter l'immeuble de la rue Courteline que vous connaissez maintenant.
Pour la première fois, et au bout de ....... années , le GSA EST MAINTENANT DANS SES MURS !
( Si vous le désirez, nous parlerons de la suite dans une autre gazette... Le GSA nouveau va arriver.)

L'ECOLE DE SKI DU GSA

L'époque moderne
L'école de ski du GSA s'est aussi fortement impliquée et exprimé lors des semaines organisées par le GSA dans les Alpes et a permis à de nombreux “ stagiaires “ de découvrir ces grandes stations en toute sécurité et aussi de progresser de façon spectaculaire pour certains .
Donc , pendant de nombreuses années le GSA s'est exporté avec souvent 2 cars vers La Plagne , Les Arcs , Courchevel, Tignes , Flaine , Vars ......
Et chaque fois nos moniteurs ont pu prodiguer leur “ science” aux différents groupes depuis les débutants baptisés verts jusqu'aux noirs confirmés .
Au cours de ces stages le dernier jour du vendredi était réservé à la course du club et on y a vu des suspens mémorables en slalom parallèle ou des exploits sympathiques d'un Aldo tel un félin entre les portes sans oublier Francis Amelin qui à Courchevel remportait devant tout le monde (sauf P. Aubaret quand même ! )un slalom géant avec des skis trés bien préparés .....
Ensuite , personne n'oubliera le fabuleux “Derby des Gets “ qui clôtura le stage dans cette station des Gets ou nos moniteurs Daniel Darrigan , Maurice Jammes , Denis Joly et Philippe Lang se classaient parmi les meilleurs amateurs de cette course mythique : on part du point le plus haut de la station , départ style 24 heures du Mans en courant vers ses skis et c'est le 1° en bas par tous les moyens . Comme quoi la culture Sud Ouest et “ l'esprit Rugby “ pour jouer des coudes nous ont permis d'être les premiers au ...... vin chaud .
Bien sur , on n'oublie pas les sorties Week end un peu moins “ Fun “ pour les encadrants mais tellement gratifiantes lorsque grâce à nos moniteurs un débutant chaussait les skis pour la première fois à 10 heures le matin et faisait ses premiers virages à midi après avoir pris le tire fesse . Et cela pour nos moniteurs a toujours été très gratifiant . C'est dans cet esprit que s'est développé l'école de ski du GSA en pur bénévolat et en pure amitié avec nos gentils membres .
Phil Lang